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Forum International des ONG Partenaires officiels de l’UNESCO: “Changeons les esprits, pas le climat” – La contribution des ONG

Par – publié le 2017/12/27

Le programme  du forum  a présenté plusieurs thématiques  issues de la  DECLARATION  ainsi que de  la STRATEGIE  de l’UNESCO pour faire face au changement climatique.

La Convention  Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCUNCC) étant le principal mécanisme de négociations internationalesl’UNESCO a élaboré une stratégie dite  « Stratégie de l’UNESCO pour faire face au changement climatique qui vise plus  spécifiquement à aider les Etats Membres à  prendre des mesures d’urgence pour lutter contre le changement climatique et ses effets par l‘éducation, les sciences, la culture, l’information et la communication” ceci dans le cadre de l’Accord de Paris ( COP2) et le contexte général du Programme de Développement Durable jusqu’en 2030.

Madame AZOULAY, la nouvelle Directrice Générale,  a  ouvert elle-même le Forum marquant  son intérêt pour la coopération avec les  ONG et  la société civile. Ceci lui  parait essentiel pour inspirer et mettre en œuvre les actions de l’UNESCO.

Ensuite deux interventions de haut niveau, l’une par un fonctionnaire de l’UNESCO, l’ autre par un  fonctionnaire des Nations Unies ont précisé les enjeux  et les collaborations entre les  deux organisations internationales pour faire front au défi majeur qu’est le Changement climatique pour le monde entier

Madame Flavia SCHLEGEL,  Sous Directrice Générale de l’UNESCO pour les Sciences exactes et naturelles  dans un brillant exposé a développé les engagements éthiques de la  STRATEGIE actualisée de l’UNESCO en relation avec plusieurs des objectifs du Développement durable, en particulier ODD4 sur l’éducation, ODD5 qui aide à renforcer la résilience face aux changements climatiques et aux conflits, et d’autres  ODD6, ODD14 parmi les 17ODD

Pour promouvoir la coopération interdisciplinaire  sur les  connaissances et la recherche scientifique l’UNESCO propose de fournir des données et des services concernant l’Océan et le climat / La Biodiversité et le Climat / les Sciences  et la technologie   ainsi que la sauvegarde de la diversité culturelle  et la sauvegarde du patrimoine culturel, les savoirs des peuples autochtones

 

La priorité globale est l’attention portée à la diversité selon les région, les générations, les activités professionnelles, les sexes .La Stratégie de l’UNESCO insiste aussi sur l’Egalité des genres (39C/48Annexe IV.1)

Madame SCHLEGEL a souligné que Madame BUKOVA Directrice Générale sortante avait crée un groupe de travail pour proposer  aux Etats Membres  une approche  intégrée afin de  lutter contre les effets du changement climatique,  avec une politique pour utiliser les savoirs des peuples autochtones , pour promouvoir l’éducation au Développement durable, pour favoriser  la protection du patrimoine culturel ainsi que, pour intégrer  la diversité et l ‘égalité des genres  avec attention particulière au rôle des femmes: Changer les esprits changer les attitudes préconise t-elle

Monsieur NICK NUTTALI Directeur  de la Communication et de la sensibilisation, Porte parole de la CCNUCC ( Commission des Nations Unies contre le changement climatique) a précisé le point de vue des Nations Unies .Il déplore que l’ACCORD de PARIS ( COP22) ne précise pas  la mise en œuvre et ne soit pas contraignant .Il ne permet donc pas  de  mesurer les efforts qui seront faits ainsi que les engagements non respectés

 

La première table ronde a mis l’accent sur « Ethique, solidarité et droits pour une justice climatique » avec une communication  remarquable de Madame Dafna FEINHOLZ cheffe de la Section de Bioéthique  et de l’Ethique des Sciences et des Technologies (SSEH) à l’UNESCO. Lors de la COP22, à un événement parallèle, elle avait  fait un appel “implicite à l’éthique et explicite à la solidarité.” Ainsi que la COMEST elle est convaincue  que la lutte contre les effets du  changement climatique  est un problème éthique et qu’elle fait aussi  appel à la solidarité mondiale car tous les pays et populations sont concernés par le climat

.Il faut changer les mentalités concernant la consommation. Les Etats Membres se sont déjà accordés sur ces principes .Il faut évaluer l’impact des dérèglements climatiques, s’attaquer à ces  dérèglements, s’assurer que moyens et financements atteindront les populations les plus vulnérables

Dans cette même table ronde Mr Froissart   ingénieur écologue a prôné la responsabilité et la subsidiarité, pour s’adapter aux changements avec une attitude consumériste responsable. Mr Brice BOHMER  responsable de Transparency International  a insisté sur l’importance capitale  de la redevabilité et de la bonne gouvernance: importance d’éviter toute tentative de corruption, de respecter les engagements  et  de contrôler les  résultats

La contribution de l’UNESCO sur les Océans  en relation avec le changement climatique s’est déroulée dans deux séances thématiques qui ont fait intervenir plusieurs spécialistes  des sciences océanographiques, mettant en évidence  des analyses complémentaires. Madame Valérie MASSON – DELMOTTE, Paléoclimatologue, Co- présidente du GIEC, Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat a anime une “ conversation”: L’UNESCO est la seule Organisation internationale de la famille des Nations Unies qui  a une Commission Océanique Intergouvernementale (COI). La COI considère scientifiquement les relations entre les Océans, (courants maritimes et  réchauffement , atteintes à la biodiversité marine,  phénomènes de pollution), toutes circonstances influençant le Développement durable et le Changement Climatique.

Pendant la seconde journée, des solutions ont été recherchées pour voir comment la société civile peut contribuer  par » l’éducation, et la sensibilisation au développement durable »

Des intervenants, partenaires de l’UNESCO, Madame Julia HESS, de la société civile, Madame PERRUCHON qui nous a fait le rapport d’un enquête mondiale de l’OMEP, son association  pour sensibiliser et éduquer au Développement durable, les enfants dès le plus jeune âge . Monsieur LAHLOU président de ACME association Marocaine a insisté sur Eau, Ecole et environnement. De jeunes étudiants sénégalais  militants pour l’environnement sont venus  présenter leur association de jeunes leaders d’Afrique pour sensibiliser les populations des villages environnants .Leurs projets s’étendent . Il est très encourageant de voir l’enthousiasme et les différentes approches tentées par des ONG dans différents pays et continents

Madame Lesha WITMER de BPW International responsable  de Women for Water Partnership a spécialement  développé le rôle des femmes comme l’indiquait le titre de son intervention : Investir dans l’expertise et le leadership des filles et des femmes .Intervention  importante car les femmes sont plus spécialement affectées par les effets du changement climatique. Ce sont elles qui souvent assurent la nutrition des enfants, de la famille, assurent l’éducation, veillent à la santé. Leur participation doit donc être engagée, valorisée et des responsabilités doivent leur être confiées à différents niveaux  avec des formations adéquates.

La dernière session  a mis l’accent sur la participation des populations autochtones pour Préserver le patrimoine mondial des différentes cultures  grâce à leurs savoirs ancestraux.  Traditionnellement les peuples autochtones  respectent leur environnement,   l’exploitent raisonnablement.  ils ont conservé des valeurs pour respecter la nature mère.

Cette session a été passionnante  avec  la présence de représentants de peuples autochtones, l’un du Canada, M. Jean-Charles PIETACHO chef de la communauté innue d’EKUANTSHIT (Nord Canada  ) Une autre de Colombie  Madame Alba Lucia Castaneda Veles  ,Directrice exécutive de la Corporacion Red Nacional de MUJERES Communales (REDCOMUINCCOL) et le  troisième venant d’Afrique Mr Mohamed HANDAINE,  président du Comite de coordination des peuples autochtones d’Afrique (PACC) Directeur des études amazighes historiques et environnementales. Représentant trois continents ils nous ont donné des exemples de leurs luttes pour préserver leur territoire et la qualité  de leur environnement contre des multinationales prédatrices. Ils essaient de  préserver la biodiversité  en voie de déclin, suite à  la déforestation. Ils disputent leur territoire contre des compagnies pétrolières qui veulent forer sauvagement .Nous avons été passionnées d’apprendre comment ils s’organisent avec leurs moyens limités, avec leur volonté de survivre, de maintenir leurs valeurs dans les jeunes générations. Remarquables sont  aussi les réseaux qu’ils ont pu établir avec des populations d’autres continents qui rencontrent des difficultés similaires

Parallèlement aux autochtones,  trois membres de l’UNESCO,  occupant des postes importants dans les sections scientifiques: Madame  Meschilde ROSSER, Directrice de la Direction du Patrimoine, Mr Nigel CRAWHALL Chef de section des petites iles et des savoirs autochtones,  secteur pour les sciences exactes et naturelles, Madame Myriam BOUAMRANE spécialiste de programme section des recherches du MAB écologie et diversité  ont tous trois témoigné sur leurs travaux et sur  l’apport que fait l’UNESCO pour aider les peuples autochtones en matière de données, de technologie,  de coopération. Cette conjonction des militants de base et des scientifiques qui leur apportent une aide technique  était très  encourageante, montrant la conjugaison des efforts  face au terrible défi du changement climatique.

Une sorte de consultation sur les priorités à retenir a été organisée avec un « vote « sur des panneaux  qui listaient tous les problèmes identifiés dans les discussions  et solutions proposées. Le public du Forum devait voter sur les priorités en collant des sticker et trois  priorités ont été retenues.

Mr Peter Dogse, Co -Président Secrétariat  Exécutif, du Groupe de travail de l’UNESCO sur le changement climatique a présenté les conclusions de ce huitième  forum organisé par les ONG où l’information fut très dense, la qualité des intervenants  remarquable, le public nombreux et participatif.

Pour l’AIF, association féminine, nous soulignons que le rôle des femmes n’a pas été oublié, ni dans la Stratégie de l’UNESCO, ni dans les communications des intervenants.

8ème Forum International des ONG partenaires officiels de l’UNESCO – 7-8 Décembre 2017

UNESCO team:  Monique Bouaziz, Renée Gérard, , Danielle Levy

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