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Journée internationale des femmes 2017

Par – publié le 2017/03/08

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La journée internationale des femmes permet une pause pour réfléchir aux progrès réalisés sur  l’égalité  femmes/hommes, sur les droits des femmes, sur les  obstacles rencontrés et les appels à  transformation.

Malheureusement aujourd’hui,  nous  sommes en situation de retour en arrière.

Le thème de la journée Internationale des femmes 2017 a pour objet les femmes dans  le monde du travail en plein changement: Planète 50-50 en 2030

Le monde du travail est en plein changement et cela a des implications profondes pour les femmes. D’un côté les avances technologiques et la globalisation permettent des opportunités sans précédent pour celles qui peuvent y accéder.  De l’autre,  le travail clandestin, l’inégalité salariale et les crises humanitaires vont  s’accroissant.

Les femmes continuent de travailler dans les segments les plus vulnérables de l’économie non officielle,  avec très peu ou pas d’opportunités pour accéder à un travail décent,  à des rémunérations correctes, aux pensions, à la protection sociale et aux soins. Elles sont  sous risque de sombrer dans la pauvreté ou d’y  rester, avec  la menace de violences conjugales et sont incapables d’accéder à leurs droits économiques.

La question qu’il faut se poser est: que peut-on faire?

Bien les mesures peuvent être prises et ce dans bon nombre de domaines ,  comme l’élimination de l’inégalité  femmes/hommes au travail, et des mesures sur l’emploi telles que la redistribution du travail des soins et du travail domestique payé et non payé, l’élimination de la violence au travail etc.

La seconde question à se poser et la suivante -  Ces mesures seront-elles suivies d’effets? À mon avis la réponse  est négative.

Pourquoi  cela?

Selon l’AIF, la réponse se trouve dans l’absence d’un environnement favorable à l’autonomisation de la femme  et à la réalisation de ses droits et ce,  à tous les niveaux. Cette absence d’environnement favorable est due au développement de modèles qui ne soutiennent que la croissance promue par les marchés. Ces modèles contribuent à la persistance des relations de pouvoir inégal entre les femmes et les hommes et elles reproduisent les inégalités de genre. Elles exploitent le travail des femmes et leur travail non rémunéré des soins.

Ces modèles ont pour base une nouvelle forme de capitalisme, désorganisé, globalisé, néolibéral. Cette forme de capitalisme  remplace le capitalisme géré par l’État de l’après-guerre. Il repose surtout sur le travail sous-payé des femmes, notamment le travail peu rémunéré dans les services et l’industrie.

Le néolibéralisme enfonce  les pauvres, notamment les femmes, les classes pauvres et  les pays pauvres, plus encore dans la pauvreté. Les organisations féministes devraient  oeuvrer pour que les droits de l’Homme fournissent le cadre éthique des politiques macroéconomiques. Elles devraient participer à une  réforme des politiques dominantes, celle des politiques néolibérales,  y compris du développement, de la mise en œuvre et de l’évaluation de ces politiques.

Nous savons toutes que les mouvements féminins sont  le facteur le plus important pour la mise en œuvre des politiques de genre. Ils devraient essayer d’obtenir la promotion pleine et entière des droits des  femmes  par la mise en œuvre absolue de tous les instruments de droits humains,  y compris la CEDEF.

Il nous faut demander un modèle de développement nouveau qui ne soit pas seulement basé sur la croissance économique, mais qui donne la priorité aux personnes et à la solidarité sur les profits.  Un modèle de développement nouveau qui régule le rôle du secteur privé par des cadres obligatoires qui règlent ses actions sur les Droits de l’Homme et les objectifs du développement durable.

Il nous  faut aussi  oeuvrer à une responsabilité Droits de l’Homme de tous les acteurs, institutions financières internationales, corporations multinationales, gouvernements nationaux. Voilà un nouveau champ  d’activisme que les mouvements féminins doivent suivre, s’ils veulent voir des progrès dans leur lutte pour l’égalité femmes/hommes et la réalisation des Droits des Femmes.

Joanna Manganara,  8 mars 2017

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