Femmes de pouvoir – un demi-siècle de présidentes et de premières ministres de par le monde

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img_2002-300x200Dans son livre – Women of Power- half a century of female Presidents and Prime ministers world wide – (Femmes de Pouvoir – Un demi-siècle de Présidentes et de Premières Ministres de par le monde) Torild Skard  tente d’apporter une réponse  à la question : Quelle différence le sexe du candidat/de la candidate,  apporte-t-il aux postes politiques de haut niveau.

Selon Torild cela fait  toute la différence. 1/3 des dirigeantes sur lesquelles son étude à porté ont dû combattre la domination masculine prévalante, mais pour Torild  ce n’est pas suffisant. Pour mettre en œuvre des politiques favorables aux femmes,  les dirigeantes doivent être soutenues par un mouvement de femmes actives. En outre , le système politique travaille de façon démocratique et les dirigeants doivent avoir le soutien des institutions politiques centrales.

Torild Skard explique le faible pourcentage de l’ augmentation du nombre des femmes en position de dirigeantes de haut niveau  entre 1990 et  2010, par le fait que les partis politiques,  qui, de fait, ouvrent la porte du pouvoir, sapent la gouvernance démocratique en freinant l’avance des femmes en politique.

Il est possible de prendre beaucoup de mesures pour aider les femmes à accéder aux positions décisionnaires en politique:  système de quota, accès aux médias et aux réseaux politiques, mesures qui réconcilient travail et vie familiale etc… le problème étant de savoir si elles ont un effet  ou non,  et dans ce cas pourquoi.

La réponse est négative parce que ces mesures ne mettent pas en cause la patriarchie i.e. les stéréotypes de genre,  la culture genre, ni les rôles traditionnels.

L’expérience de la Scandinavie, qui a un  fort pourcentage de femmes  en position décisionnaires, prouve qu’il n’est pas suffisant de s’attaquer à la transformation des codes et des pratiques patriarcales.  Que faut-il faire alors?

Selon moi, la réponse se trouve dans l’absence  d’un environnement favorable à l’autonomisation des femmes et à la réalisation de leurs droits humains, et ce à tous les niveaux. Cette  absence d’un environnement favorable est due aux modèles de développement qui ne soutiennent que les marchés poussés par la croissance. Modèles qui contribuent à la persistance de l’inégalité de pouvoir entre les femmes et les hommes et qui reproduisent les inégalités de genre, en exploitant le travail des femmes et l’absence de  rémunération du travail des aidant(e)s.

Ces modèles sont basés sur une nouvelle forme de capitalisme, désorganisée, globalisée, néo- libérale. Cette forme de capitalisme à remplacé  le capitalisme  géré par l’État de la période d’après guerre. Elle repose surtout sur  la rémunération des femmes, en particulier la faible rémunération dans les services et le secteur industriel. La réalité à la base de ce nouveau modèle, ce sont des salaires de crise, une baisse de la sécurité des emplois, des niveaux de vie qui baissent, une augmentation des heures travaillées rémunérées, une exacerbation de ce  double mouvement, et la pauvreté qui augmente et se concentre de plus en plus sur les foyers avec, à leur tête,  une femme.

Le néo-libéralisme entraîne les pauvres, surtout les femmes, les classes pauvres et les pays pauvres, de plus en plus profondément dans la pauvreté. Les organisations féministes devraient  oeuvrer  de façon à assurer que les droits humains soutendent le cadre éthique des politiques macro-économiques. Elles devraient participer à la réforme des politiques économiques dominantes – ces politiques néolibérales-  en y incluant le développement, la  mise en œuvre et l’évaluation de ces politiques. Nous savons tous que les mouvements de femmes sont le facteur le plus important dans la mise en œuvre des politiques d’égalité femmes/hommes.  Les mouvements de femmes devraient donc  se battre pour la promotion pleine et entière des droits humains des femmes par la mise en œuvre de tous les instruments de droits humains et en particulier de  la CEDEF.

Il nous faut exiger un nouveau modèle de développement,  qui ne soit pas seulement basé  sur la croissance économique, mais qui priorise  les gens et la solidarité sociale plutôt que les profits.  Un nouveau modèle de développement qui régularise le rôle du secteur privé par des cadres obligatoires, qui font coïncider  les actions avec  les Droits de l’Homme et les objectifs du développement durable.

Il nous faudrait aussi oeuvrer pour une responsabilité Droits de l’Homme, de tous les acteurs,  Institutions financières internationales, entreprises multinationales et gouvernements nationaux. C’est un nouveau champ d’activisme que les mouvements féminins  doivent emprunter pour voir  des progrès dans la lutte pour l’égalité femmes/hommes et la réalisation des droits humains des femmes.

Joanna Manganara (9 Octobre 2016)

 

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