L’AIF à propos de Habitat III: Toute émission de texte doit se faire dans le cadre des Droits de l’Homme

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Habitat III est la Conférence des  Nations Unies sur  l’Habitat et le Développement  Urbain Durable  qui doit avoir lieu à Quito, Equateur du 17 au 20 octobre 2016. Dans la résolution 67/216 les Etats Membres de l’Assemblée Générale, ont décidé que l’objectif de la conférence est d’assurer le renouvellement des engagements politiques pour un développement urbain durable, l’évaluation de ce qui a été accompli, une réponse à la pauvreté et l’identification et la réponse aux nouveaux défis émergeants. La conférence conclura par un document concentré, concis, tourné vers l’avenir et orienté vers l’action.

 Pour l’AIF, Soon Young Yoon, chef de file des représentantes aux Nations unies de New York a soumis un commentaire sur les derniers textes  d’habitat III:

COMMENTAIRE GENERAL:

Les objectifs du développement durable ne réussiront que  si les droits humains des femmes sont au centre la discussion.  Il est aussi important que le leadership des femmes puisse intensifier et accélérer les progrès vers des villes innovantes, Inclusives compactes et résistantes.

Que manque-t-il, alors?

1- Habitat III offre une opportunité unique d’assurer un cadre de droits humains qui inclue  les femmes ou intègre le genre pour guider la formulation et la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain. Habitat III doit être la continuation de l’Agenda Post 2015 et des ODD et doit construire sur les accords internationaux qui s’intéressent au genre et aux autres inégalités.

On en trouve quelques esquisses valables dans la plate-forme d’action de Beijing (191 pays) et dans la Convention pour l’Elimination de Toutes  les Formes de Discriminations Envers les Femmes (188 pays) ainsi que dans d’autres documents internationaux adoptés à la Conférence de Vienne sur les Droits de l  Homme et à la Conférence Internationale sur la Population et le Développement Mais aussi importants  qu’aient pu être  ces  accords  pour l’établissement de normes  politiques et usuelles, aucun de ces  jalons ne sont mentionnés dans les textes finaux.

2- Il manque aussi les mandats au niveau régional, qui peuvent soutenir le suivi des initiatives régionales à habitat III.  Les Textes devraient explorer le potentiel politique des accords régionaux tels la Charte Africaine et la loi de l’Union Européenne sur l’égalité hommes/Femmes. Plus qu’une reconnaissance pour la forme, de l’égalité Femmes/hommes et de l’autonomie des femmes ces mandats ont une valeur pratique. Elles peuvent par exemple être utilisées à la conception de projets pilotes au niveau régional et à des cadres sexospécifiques s’inscrivant dans la vision du Nouvel Agenda Urbain.

3- Le document actuel ignore aussi les données et statistiques sur l’égalité femmes/hommes ou sur les droits humains et l’autonomie des femmes puisqu’elles relèvent du développement durable et du changement climatique. (1) pas plus qu’il n’identifie les manques et les méthodologies nécessaires au suivi et à l’évaluation de la discrimination basée sur le genre et la violence au niveau des villes.

4- Ainsi que plusieurs gouvernements l’ont noté, les documents finaux devraient inclure plus d’exemples de bonnes pratiques.  Pratiques qui  devraient être pertinentes dans les pays développés comme dans les pays en développement et corriger les  préjugés actuels des documents envers les pays en développement. En ce qui concerne l’autonomie des femmes  il y a foule d’exemples dans la plupart des papiers finaux qui reflètent les conditions sur le terrain comme celles  aux niveaux nationaux et internationaux.

Toute émission de texte doit se faire dans un cadre de droits humains

L’égalité femmes/ hommes  est essentiellement présentée comme une “addition” au planning urbain plutôt que comme un cadre complet guidant politiques et programmes. La grande variété des situations féminines n’est pas reconnue et les femmes sont présentes essentiellement comme l’un  des nombreux groupes vulnérables plutôt que comme des décisionnaires clés. Le travail des soins  non rétribué fait par les femmes n’est pas reconnu, pas plus que  la façon dont la  redistribution et la fourniture  de services doivent soutenir durablement  les villes. De plus les préjugés de la politique publique de ces textes oublient la connexion essentielle avec le foyer et la sphère privée. Le rôle de la société civile, y compris le leadership des hommes et des garçons pour permettre l’égalité femmes/ hommes est essentiel au succès du Nouvel Agenda Urbain mais il est rarement mentionné. En bref, les papiers finaux ont besoin d’une analyse genre  complète. Ci-dessous se trouvent quelques points qu’il est important de noter:

1- Sphère privée et sphère publique sont liées – les politiques publiques et les services doivent toujours mesurer leur succès au fait qu’elles ont ou non amélioré la vie les citoyens -pas seulement au travail ou dans la sphère publique, Mais aussi dans le contexte du foyer et de la famille. N’est pas  ville sûre, celle où les droits humains des femmes sont violés par la violence domestique de son foyer. Il n’est pas de fin à la pauvreté si le revenu des femmes doit être docilement remis à un homme chef de famille. Et il n’est pas de vraie démocratie qui peut  renforcer les droits civils et politiques, si les femmes et les filles n’ont pas le droit de prendre des décisions à propos de leur corps et d’exercer leurs droits à la santé sexuelle et reproductive.

2- les femmes ne sont pas simplement des victimes ou un groupe vulnérable – les femmes sont des décisionnaires clés en ce qui concerne les droits économiques et sociaux liés à la sécurité alimentaire, à la biodiversité, au patrimoine culturel, à la migration, à la consommation énergétique et à la taille de la famille. Elles jouent aussi un rôle essentiel dans l’utilisation de l’eau, de l’énergie, des ressources naturelles et pour trouver des solutions au problèmes climatiques. Elles ont un rôle spécifique dans l’écologie urbaine comme gestionnaires de l’énergie des ménages;   et, bien sûr, elles sont au cœur du nexus eau-énergie- nourriture, Dans bien des pays en développement les femmes rurales et urbaines sont les êtres qui font le transport de l’eau, du carburant et de la nourriture et de leurs aptitudes dépend la vitesse et la qualité du flux  rural-urbain des marchandises.

3- les femmes urbaines sont diverses – l’analyse genrée du Nouvel Agenda Urbain  doit éviter les stéréotypes et reconnaître la grande diversité de la situation des femmes y compris  les intersections d’âge, d’identité de genre (Y compris LGBTI), l’ethnicité, le handicap, la religion, le statut économique, social et politique ainsi que le statut culturel et écologique. Le cadre des droits humains doit être suffisamment inclusif pour s’appliquer aux femmes à la tête de corporations, à celles qui travaillent au gouvernement des  villes, à celles actives en politique – ainsi  qu’aux femmes qui vivent dans la pauvreté. De plus, comme dans bien des pays développés les femmes autochtones doivent vivre et travailler dans des environnements urbains, leurs préoccupations et leurs défis spécifiques doivent aussi être abordés.

En finir avec la violence envers les femmes – le Nouvel Agenda Urbain doit inclure un engagement pour prévenir  – et finalement mettre fin à – la violence envers les femmes et  les filles. Les violences  mentales, sexuelles et physiques qui ont lieu à la maison, dans la communauté, par les états, et la menace de violences inhibent la participation des femmes à la politique et ne permettent pas un accès égal aux services.  Les hommes et les garçons doivent  prendre des rôles de leadership  plus forts pour traiter des normes culturelles et des changements d’attitude nécessaires pour en finir avec la violence envers les filles et les femmes de tous  âges.

 

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