LES PESANTEURS SOCIALES EN DEFAVEUR DES FEMMES ET DES JEUNES FILLES DANS LE DEPARTEMENT DE KONGOUSSI, PROVINCE DU BAM, BURKINA FASO

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Progrès et persistance des pesanteurs sociales suivant le Rapport final des activités de l’Association Féminine Song-Manègre pour le Développement 

Le projet « Renforcement des actions de communication pour  l’élimination des MGF et la promotion de la planification familiale dans dix villages du département de Kongoussi a été réalisé de Mars à fin d’Août 2014 avec l’appui financier de LebensChancen (Chances de Vivre) et l’Association des Femmes Allemandes (DFR). Ce projet s’inscrit  dans la dynamique de l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la jeune fille  à travers la promotion de l’abandon de la pratique des MGF d’une part et la promotion et la vulgarisation de la planification familiale d’autre part.

Il fait suite aux recommandations de nos partenaires.

 LES ACTIVITÉS PROGRAMMÉES

Rencontre préparatoire entre l’AFD et ses partenaires techniques ; Organisation des clubs de femmes dans les huit  villages et mise en place des clubs de femmes dans quatre villages ; Formation sur la planification familiale, les MGF, la prévention des IST et des grossesses non désirées ; Production et distribution d’outils de communication ; Causeries éducatives avec l’outil GRAAP[1], la boite a image[2] ; Emissions  radiophoniques ; Théâtres forum ; La réparation des séquelles d’excision ; La réalisation d’une série de communications le 8 mars ; L’évaluation de l’ensemble des activités.

PRÉSENTATION DES ACTIVITÉS RÉALISÉES (Résumé)

 De la rencontre préparatoire du projet

Cette activité a connu la participation effective de l’ensemble des actrices et des acteurs : les chefs de village et les représentants et représentantes de l’administration locale ont, à l’occasion, renouvelé leur engagement au côté de l’AFD pour qu’un changement positif de comportement puisse être possible au sein des communautés.

 De la formation de filles et de femmes

Cette activité à été réalisée avec la participation d’élèves, et de filles et femmes ayant bénéficié de la réparation des séquelles d’excision. Au nombre de vingt, elles ont été outillées sur les thèmes des MGF, de la PF, et d’autres volets de la santé de la reproduction. Aussi, des techniques d’animation de groupe et l’utilisation des outils de communication  ont été apprises.  Au terme de cette formation,  les apprenantes ont montré leurs aptitudes à être des relais dans leur milieu de vie pour continuer l’œuvre de l’AFD.

 Des activités de sensibilisation

Les activités de sensibilisation ont été réalisées jusqu’en fin Août pour tenir compte de la disponibilité de certains clubs qui sont dans les activités agricoles liées à la saison hivernale. Des causeries éducatives avec la Boîte à image, l’outil GRAAP, deux émissions radio suivi de débat, ainsi que des rencontres porte à porte nous ont permis d’atteindre nos objectifs : communiquer  pour convaincre davantage les communautés à changer leur comportement relatif à l’élimination des MGF et à la promotion de la planification familiale.   A ce niveau, plusieurs outils ont été utilisés. Les femmes des clubs ont joué pleinement leur rôle de mobilisation au sein des communautés. Les filles guéries de leurs séquelles d’excision ont également contribué par leurs témoignages, leur engagement et aussi par des séances de causeries éducatives au profit de la communauté, à convaincre leurs parents pour qu’ils abandonnent la pratique de  l’excision.

                                         De la réalisation d’une série d’activités le 8 mars – Communications sur les MGF, la PF et les IST

Initialement  prévue pour regrouper 100 femmes ce fut une grande mobilisation de plus de 140 personnes au départ ; une réussite dans la mesure où les cibles on répondu massivement, présent,  et se sont  résolument engagées  et disposées à travailler pour un véritable changement de comportement en faveur de la femme dans notre communauté. Quatre communications se sont succédées le tout renforcé par l’animation de la troupe féminine. Il s’agit entre autres de l’historique du 8 mars et des femmes leaders, les MGF, la PF et la santé de la reproduction et les activités génératrices de revenus. C’est au cours du repas qu’est intervenue l’émission radio. A la faveur de cette pause  les groupes de discussion ont continué les échanges. C’est avec un théâtre forum que nous avons clôturé cette journée pleine d’enseignement.

De la réparation des séquelles d’excision

De janvier à août 2014, sept filles et deux femmes ont été référencées  par l’AFD pour une prise en charge pour la réparation des séquelles d’excision.  Toutes ont été réparées au CMA de KONGOUSSI et ont retrouvé la santé physique même si certaines ont encore besoin d’un accompagnement afin de remonter leur moral et  de chasser la peur liée à la douleur répétée.  Il s’agissait essentiellement de 7 cas d’accolement et de 2 cas de chéloïde.  Parmi elles, 2 sont  des villages de notre projet actuel, 1 vient d’un village  de notre projet de 2013 et les 4 autres sont venus de villages environnants. Ces interventions ont été totalement prises en charge par l’AFD et ont connu un succès[3].

De la reproduction des outils de communication, livrets et dépliants sur MGF & PF

Des outils de communication comme les dépliants, des livrets et une banderole sont produits et ont permis de renforcer les méthodes et moyens de communication déjà utilisés par l’AFD. Ils ont été d’un appui important pour les animatrices et animateurs et d’un apport considérable pour les cibles.

Quant aux problèmes d’accès aux contraceptifs nous avons eu les informations suivantes: « Nous faisons référence aux différentes méthodes contraceptives qui existent et nous les citons dans nos causeries. Elles ne les connaissent pas physiquement ou n y ont pas accès à cause des coûts. Les centres de santé n’existent pas dans la majorité des villages et c’est au centre médical de Kongoussi que les femmes peuvent avoir la contraception. Non seulement les services de la  maternité sont débordés ce qui fait que ceux qui s’occupent du volet planification familial n’ont pas toujours le temps pour expliquer et accompagner les femmes et en plus, en dehors de la pilule qui coûte moins cher, les autres méthodes ne sont pas à la portée des femmes.

Actuellement, une femme qui a reçu une formation d’accoucheuse auxiliaire et qui attend de trouver un emploi nous vient en aide une fois par semaine. Elle reçoit les femmes, les conseille, et les guide dans le choix de la méthode contraceptive en fonction des besoins spécifiques de chacune. Après elles doivent encore se rendre à la maternité pour avoir les contraceptions.

Notre souhait et celui de toutes les femmes, est d’avoir un volet appui conseil permanent à l’AFD et la contraception sur place. »

Nous espérons avec l’AFD que cela  arrivera dans un proche avenir, à la pérennisation des résultats enregistrés dans son secteur d’activités.

Septembre 2014

Gudrun Haupter

AIF – Commission Santé
DFR – Commission Internationale et Comité des Projets en Afrique de l’Ouest


[1] Groupe de recherche et d’appui pour l’autopromotion paysanne. Un module développé pour la sensibilisation contre les MGF a été traduit en Moré, langue nationale de la province Bam.

[2] Un outil développé avec le concours de jeunes Burkinabè utilisé pour discuter des tabous tels la contraception et les IST, et surtout des relations homme-femme dans le but de renforcer la confiance en soi des femmes.

[3] Un couple Autrichien vivant au Burkina a contribué à la réalisation de cette activité.

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