Violence envers les femmes et les jeunes filles indigènes.

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

protester_panama-3_photographer_martin_brusewitz-300x200L’année dernière au palais des Nations à Genève, j’ai pu voir une exposition de photos de femmes indigènes. Elles semblaient se porter à merveille,  être heureuses et avoir beaucoup d’amis,  aussi ai-je été choquée par les chiffres présentés hier (20 septembre)  lors du panel de discussion sur la Violence Envers les Femmes et jeunes filles  Indigènes (vefi), y compris celles avec handicap. Le but de ce panel était d’estimer le développement des réponses légales et  politiques, à la  violence envers les femmes indigènes selon l’article 22 de la déclaration des Nations Unies sur le Droit des Peuples Autochtones, et d’identifier les bonnes pratiques et les défis pour répondre aux formes structurelles des vefi.

Adam Abdelmoula, Directeur du Conseil des Droits de l’Homme et de la Division du Mécanisme des Traités, du Bureau du Haut commissariat aux Droits de l’Homme a ouvert la discussion. Le représentant a dit qu’il existait beaucoup des preuves que les femmes  et les jeunes filles indigènes courent des risques disproportionnés de violence physique, émotionnelle  et sexuelle, des risques de mariage alors qu’elles sont encore des enfants,  de subir la traite des blanches ou la stérilisation forcée  ou d’être données pour épouses contre de l’argent dans certains coins  du monde. Elles souffrent de discrimination, à la fois dans et en dehors de leur communauté par suite de leur position inégale dans la société. La vefi ne peut-être  dissociée d’autres violations plus graves encore des droits des autochtones, y compris le droit à leur terre et à leurs ressources, autre cause de violence.

Une des  clefs pour réduire la vefi,  c’est l’accès à la justice., mais tout est fait pour l’empêcher bien que parfois elle réussisse, comme dans le cas Sepur Zarco au Guatemala qui a montré qu’on pouvait réussir à obtenir justice  dans des cas extrêmes  de violations de droits humains des femmes: Pour la première fois dans l’histoire du Guatemala la violence sexuelle commise lors du conflit militaire des années 1980 a permis la poursuite en justice et la condamnation de deux ex-militaires, à 360 années de prison pour le meurtre, le viol et l’esclavage sexuel de femmes indigènes. Pourtant peu de femmes autochtones passent la barrière de la justice parce qu’elles  ne connaissent pas leurs droits, ni les services ni les  protections auxquelles elles peuvent prétendre, soit car ces services n’existent pas, soit par pure discrimination ou encore  par manque de confiance dans le système judiciaire. Il n’est pas étonnant qu’elle n’aient pas confiance dans ce système car elles sont souvent traitées comme si  c’était elles les coupables et qu’on ne  les croit pas lorsqu’elles viennent se plaindre.

Peu de données existent, mais celles que nous possédons sont alarmantes. En Australie 2% de la population féminine est identifiée comme aborigène,  or  les  femmes indigènes représentent un tiers de la population féminine en prison. Des panelistes ont surenchéri:  La présidente du Parlement Sami de Norvège, Me Aili Keskitalo a dit que  48 % des femmes Sami avait expérimenté une violence contre 29 % des gens en général.

La question du vefi  ne peut être résolue à part.  Les raisons de cette violence viennent du  manque d’équilibre entre les sexes, et du pouvoir ou du manque de pouvoir des peuples autochtones. La perte de langage, de culture, de ressources et de territoire qui a souvent accompagné la colonisation et les politiques d’assimilation ont pesé très fort sur les mécanismes personnels des peuples autochtones pour résoudre les conflits, et ont rendu les femmes  autochtones et les  enfants vulnérables.

Pour autonomiser les autochtones, il faudrait  que les Etats Membres mettent  en oeuvre  la déclaration des Nations Unies. Les états  doivent aussi apporter une assistance immédiate aux femmes autochtones, aux enfants et aux personnes avec handicap, par une  protection sensible à la culture et  à la santé et fournir une   assistance à la loi, dans leur langue, aux victimes de toutes sortes de  vefi. Le Conseil des Droits de l’homme devrait mettre ce problème au premier plan de son ordre du jour.

L’éducation en général,  et pour tous celle sur  la violence, l’éducation de la police,  des avocats et des juges aux droits des femmes autochtones seraient nécessaires  pour  en finir avec la vefi, voilà ce qu’a été le  message des Femmes des Universités Internationales que soutient l’AIF.  En cela elles  font écho à Olga Montufar Contreras du Mexique  qui plaide pour les gens avec handicap. Il faut lire les Conventions de  Droits de l’Homme de façon systématique, pour tout ce qui concerne les femmes et les filles à handicap. Ces femmes et ces jeunes filles souffrent de bien des formes de discrimination. On  a appris à bon nombre d’entre elles à être reconnaissantes  de la faveur qu’on leur manifeste en faisant attention à elles.  Questionnées sur leurs espérances, lors d’une étude, leurs espoirs étaient minces.  Lors d’une formation sur leurs Droits Humains,  à propos de choses déjà vues, elles n’ont  considéré ni la violence verbale, ni le rejet, ni la coercition  comme des violences envers elles. Si les femmes ne connaissent pas leurs droits, il est impossible qu’elles  puissent les défendre.

Hannah McGlade, Office of the High Commissioner for Human Rights Senior Indegenious Fellow (du Bureau pour les Séniors Indigènes, du Haut Commissariat  aux Droits de l’Homme), signale que les femmes et Les filles aborigènes d’Australie font  face a des niveaux de violences inacceptables. Les mères aborigènes  ont 17,5 fois plus de  risques de mourir par homicide que les mères non aborigènes et  ont aussi plus de risques de suicides  en relation avec la violence et les abus sexuels de  leur partenaire. Le manque de réponse du système judiciaire est une question majeure pour les femmes autochtones. Heureusement l’Australie s’est engagée à combattre la violence envers les femmes, y compris envers les femmes indigènes à travers un plan d’action national.

L’Australie doit assurer l’égalité devant la loi et développer encore sa  stratégie et sa  politique d’accès à la justice.  Elle doit assurer la  possibilité, pleine et entière  pour les femmes indigènes, d’être parties prenantes dans l’administration de la  justice et elle doit développer des programmes de droits humains pour  les fonctionnaires chargés d’appliquer la loi et la justice.

Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteure Spéciale aux  Droits des Peuples Autochtones a souligné que la déclaration sur les droits des peuples autochtones s’applique  aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

L’article 22 dit que les états doivent prendre des mesures en conjonction avec les peuples autochtones, afin d’assurer que les femmes  et les enfants autochtones puissent jouir d’une protection et d’une garantie pleine et entière contre toute forme de violence et de discrimination. On se trouve à la limite entre l’auto détermination  des communautés indigènes et la responsabilité  de l’État à protéger de la violence ses citoyennes, femmes et jeunes filles, dans les communautés autochtones. Les états devraient aussi Renforcer les capacités des dirigeantes afin qu’elles plaident pour les droits des femmes et des filles.

Au cours de la discussion les états, avec ou sans peuples indigènes, sont intervenus. L’Équateur, avec ses 14 nationalités autochtones différentes et ses 18 ethnicités a souligné qu’il avait pris des mesures pour favoriser  la participation dans la formulation et la vie politiques,  y compris par une action positive sur l’emploi des femmes indigènes avec handicap dans le secteur public ; Guatemalamajoritya  a mis en place des mesures de prévention contre la violence sexuelle et à créé un  bureau de médiation pour les femmes indigènes DEMI qui désirent traiter  de la violence envers  les femmes comme d’ une question communautaire plutôt que comme d’ une question individuelle. Les Fidji ont un problème singulier: pays à majorité indigène ils ont eu du mal à expliquer qu’entre les peuples indigènes, il y a une très grande propagation de la violence. Le Conseil de l’Europe nous a rappelé que sa convention d’Istanbul faisait preuve d’innovation dans  sa demande aux états de criminaliser toute forme de violence envers les femmes, y compris la violence physique, sexuelle et psychologique ainsi que le harcèlement,  le harcèlement sexuel,  les mutilations génitales, les mariages forcés, l’avortement et la stérilisation forcée. On a insisté aussi sur le fait que la Convention est ouverte aussi aux états non européens.

Ce panel a été une contribution opportune  aux   droits des femmes et des filles indigènes y compris celles avec handicap. Ma conclusion est que l’accès à la justice, la formation des agents de la force publique et des éducateurs ainsi que  la participation des femmes autochtones à la vie politique, est de la plus haute importance. Pour s’en souvenir,  tout pays à population(s) autochtone(s) devrait, notamment avec  les femmes,  créer et mettre en pratique un PLAN D’ACTION NATIONAL.

Les panélistes ont fait la preuve  des capacités des femmes indigènes.

Lyda Verstegen

Leave a Reply